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Bioscope en l'an 1900
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Famous Players Canadian Corporation
 
Fondée par Nathan L. Nathanson en 1920, Famous Players Canadian Corporation devient en quelques années à peine la plus importante chaîne de salles de cinéma du Canada. Cette position de force lui permet de dicter ses conditions aux distributeurs de films, et ainsi de contrôler le marché du film. Nathanson et Famous Players feront la pluie et le beau au sein de l’industrie du cinéma au Canada tout au long des annés 1920.
La domination de Famous Players repose largement sur le support de la Paramount américaine, dont le fondateur, Adolph Zukor, siège également au conseil d’administration de Famous Players. C’est ainsi que la Famous Players de Nathanson peut soutirer à sa principale rivale, la chaîne canadienne Allen, une franchise très convoitée lui accordant la primeur des productions Famous Players-Lasky / Paramount. Ce studio emploie plusieurs des stars les plus populaires des années 1920, dont Gloria Swanson, Rudolph Valentino, Clara Bow et Pola Negri.
Son approvisionnement en films étant de cette façon assuré, Nathanson fait construire au cours des années 1920 un grand nombre des palaces cinématographiques à travers le Canada. Il parvient de plus à s’emparer en juin 1923 de trente-cinq des plus luxueux cinémas de la chaîne Allen pour la somme dérisoire de 650 000 $. Lors de l’arrivée du parlant, Famous Players contrôle ainsi au centre-ville de Montréal le Capitol, le Loew’s, le Palace, le Princess, l’Orpheum et le His Majesty’s. Famous Players détient de plus une partie importante des actions de la chaîne United Amusement dirigée par George Ganetakos, bien implantée dans les quartiers périphériques de la ville. À Québec, Famous Players s’installe à l’Auditorium, qu’elle renomme Capitol. À Sherbrooke, Nathanson et Ganetakos font construire le Granada.
L’expansion de Famous Players sera cependant ralentie à la fin des années 1920 par la crise économique et le départ de Nathanson. En outre, la chaîne doit montrer patte blanche au cours de la commission royale d’enquête qui examine en 1931 ses activités, que certains n’hésitent pas à qualifier de monopolistiques. Mais plus que cette commission, c’est l’arrivée du cinéma parlant qui crée les premières fissures dans le monopole de Famous Players. D’autres entrepreneurs, comme le Montréalais Joseph-Alexandre DeSève, sont en effet mieux placés au début des années 1930 pour satisfaire la forte demande pour des films parlant français au Québec.