Ancêtre du cinéma, du projecteur de diapositives et de la présentation PowerPoint, la lanterne magique est un appareil permettant de projeter des images fixes reproduites sur des plaques de verre. On l’utilise dans diverses formes de spectacles dès le XVIIe siècle. Au moment de l’invention du cinéma, les lanternes magiques peuvent être des appareils très sophistiqués : plusieurs modèles comptent deux ou trois objectifs, et peuvent projeter des plaques dotées de pièces mobiles. D’ailleurs, plusieurs des pionniers du cinéma furent d’abord des professionnels de la lanterne magique – des « lanternistes ». Les conférenciers, comme Jean-Baptiste Lagacé, utilisent également très souvent la lanterne magique au tournant du XXe siècle. On parle alors de « conférences illustrées ».
Les spectacles de vues animées feront pendant longtemps usage de la lanterne magique. La plupart des scopes présentent ainsi des « chansons illustrées » pendant les changements de bobines. Un chanteur interprète alors un air dont les paroles sont illustrées par une série d’images fixées sur des plaques. Ces dernières reproduisent également les paroles de la chanson, ce qui permet à l’auditoire de reprendre le refrain en chœur avec le chanteur.
Les chansons illustrées disparaissent des salles de cinéma au début des années 1910. On retrouve néanmoins des lanternes magiques dans les palaces jusqu’à la fin de la période muette. Elles y sont notamment utilisées pour projeter des publicités entre les films, ou encore pour annoncer les productions bientôt à l’affiche.